L’évacuation du bidonville ne stoppera pas l’afflux de Tibétains

Installés depuis juin dans un campement de fortune à Achères, les réfugiés et demandeurs d’asiles venus de Conflans-Sainte-Honorine ont été évacués le 29 novembre vers des gymnases yvelinois.

Des réfugiés et demandeurs d’asile discutant sur le quai de la République. Conflans-Sainte-Honorine – septembre 2018 ©Axelle Bichon

Il aura fallu six mois avant que les réfugiés tibétains installés sous leurs tentes près de la déchetterie d’Achères ne soient mis à l’abri. Cela avait pris moins de temps pour le campement établi au Pointil, sur les berges de Conflans-Sainte-Honorine, il y a un an. Le bidonville qui grossissait depuis quelques mois de l’autre côté de la Seine a finalement, lui aussi, été démantelé jeudi 29 novembre à la suite de la décision de la préfecture des Yvelines de les héberger dans des gymnases à Chatou, Montesson et Le Chesnay. Sur les 290 personnes évacuées, 83 ont été à Chatou, 125 à Montesson et 82 au Chesnay.

Mise à l’abri

Le bidonville d’Achères deux semaines avant l’évacuation. ©Axelle Bichon

Un soulagement pour les bénévoles qui les aident au quotidien. « Cela se passe très bien, explique l’une d’entre elles. Cinquante réfugiés ont déjà rejoint le centre d’hébergement de Bonnelles où ils ont tout sur place : des cours de français quotidiens, un lit, un service social sur place les aide même à faire leur demande de logement. C’est bien mieux que ce que le Je Sers peut faire. » La paroisse fluviale conflanaise où échouent les Tibétains en arrivant en France les accompagne depuis des années pour un cours de Français ou un repas et hébergeait quelque uns d’entre eux jusqu’à septembre dernier. L’absence de système anti-incendie sur la péniche constatée par la commission de sécurité empêche désormais tout hébergement. La plupart des réfugiés n’avaient ainsi d’autre choix que d’aller dormir sous une tente.

Un mois de sursis

Mais si les réfugiés en situation régulière ont bien voulu aller dans les gymnases, cette solution d’hébergement de secours ne serait possible qu’un mois selon les bénévoles qui ont accompagné leur transfert. « Il fera encore plus froid à ce moment-là et tous ne pourront être accueillis d’ici-là à Bonnelles », relève une bénévole. Certains réfugiés du campement ne sont pas montés dans les bus effectuant le transfert et ont préféré revenir dans les rues de Conflans.

Les réfugiés sont mis à l’abri dans des gymnases pendant un mois. Photo prise par un bénévole dans l’un des gymnases mis à disposition.

Selon le maire de la ville, l’évacuation du campement ne règlera pas le problème de l’accueil des nouveaux arrivants. « Je salue le travail de l’Etat et de la préfecture dans cette prise de décision, incontournable avec l’arrivée de l’hiver, mais je déplore qu’elle ait été prise aussi tardivement, c’est compliqué de reloger des centaines de personnes, souligne Laurent Brosse. Et cela ne règlera pas le problème qui se pose chaque année car nous nous trouvons confrontés à l’arrivée régulière de Tibétains. L’Etat devrait plus travailler sur la filière qui rend possible cet afflux. » L’édile envisage de proposer dès le début d’année une table ronde avec le maire d’Achères et la préfecture des Yvelines pour « avancer ensemble et limiter les difficultés auxquelles font face les nouveaux arrivants ».

Axelle BICHON

Souvent obligés de se débarrasser de leur bagage durant le trajet, leur transport coûtant trop cher ou prenant trop de la place, parfois celle d'un autre exilé. Achères - septembre 2018 ©Axelle Bichon
Souvent obligés de se débarrasser de leurs bagages durant le trajet, leur transport coûtant trop cher ou prenant trop de la place, parfois celle d’un autre exilé, les Tibétains se retrouvent sans rien à leur arrivée en France. Achères – septembre 2018 ©Axelle Bichon

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *